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Ces patients qui parviennent à contrôler naturellement le VIH


Des recherches récentes mettent en évidence que certains patients peuvent contrôler, voire éliminer, le virus responsable du Sida sans traitement. Un exploit que les chercheurs tentent de reproduire chez tous les patients. Les personnes séropositives au VIH pourront-elles se passer bientôt du traitement antirétroviral ? La grande majorité d’entre eux nécessiteront un traitement antirétroviral pour contrôler le virus et éviter le développement du Sida (qui touche environ 1.200 personnes chaque année dans le pays). Mais une petite proportion parvient à contrôler le virus même sans ce traitement. Des cas rares qui intriguent les experts, éveillant en eux l’espoir de comprendre ce mécanisme de neutralisation naturelle du virus et ainsi le reproduire chez les autres patients. Plusieurs voies pour attaquer le VIH Selon Tae-Wook Chun, directeur d’Immunovirologie du VIH à l’Institut américain des Allergies et maladies infectieuses, seuls 10 à 15 % des patients qui ont été traités avec des antirétroviraux moins de six mois après l’infection développent une réponse immunitaire suffisante pour contrôler le virus en se passant de leur traitement. Pour élucider le mécanisme par lequel ces patients neutralisent le VIH, l’équipe de Dr Chun a suivi pendant cinq ans deux de ces patients, grâce auxquels ils mettent en évidence que le virus peut être contrôlé de diverses façons, dans un article publié dans Nature Medicine le 28 octobre. “C’était très intéressant parce que ces deux patients montraient des scénarios très différents, révèle-t-il à Sciences et Avenir. Le premier avait un niveau élevé de lymphocytes T CD8 contre le virus, mais très peu d’anticorps neutralisants. Il ne contrôlait pas entièrement le VIH donc celui-ci a continué à évoluer, entraînant des épisodes sporadiques de réapparition du virus. Alors que c’était l’inverse avec le deuxième : il montrait un niveau très élevé d’anticorps neutralisants qui sont parvenus à contrôler efficacement le virus pendant des années, alors que son niveau de lymphocytes T CD8 n’était pas particulièrement haut. C’est très étonnant, car normalement il faut plusieurs années pour que quelqu’un développe des anticorps neutralisants aussi puissants.” Malheureusement, il a été infecté par une autre souche du VIH au bout de quatre ans, souche que ses anticorps n’ont pas réussi à contrôler. L’élite des contrôleurs d’élite Encore plus rare, il y a des patients qui semblent éliminer entièrement toute trace du virus. Deux patients avaient déjà pu éliminer entièrement le VIH de leur corps, mais uniquement avec l’aide de cellules souches provenant de sujets portant une délétion dans le gène CCR5, mutation protectrice contre ce virus. Mais en 2020 une équipe de l’institut américain Ragon, appartenant à l’hôpital Général du Massachusetts et les universités MIT et Harvard, a mis en évidence le premier patient qui y serait parvenu sans nécessiter ce traitement. Dans un article publié dans Nature qui étudiait des patients qui réduisent le virus au-delà des limites détectables sans besoin d’un traitement antiviral (dits contrôleurs d’élite), ils ont détecté un patient qui ne présentait plus du tout de matériel génétique du VIH, une Californienne de 67 ans diagnostiquée séropositive en 1992. Cette même équipe a identifié un deuxième de ces patients en novembre 2021, une Argentine de 30 ans diagnostiquée séropositive en 2013, confirmant qu’éliminer le virus naturellement est certes rare mais possible. À la recherche d’un traitement pour faire de tous les patients de contrôleurs d’élite Grâce à ces découvertes, les experts espèrent pouvoir reproduire ce contrôle immunitaire chez tous les patients séroposifs. La clé pouvant être dans la réponse des lymphocytes T contre le VIH. C’est ce que l’équipe de Tae-Wook Chun a tenté en 2017 avec un vaccin expérimental qui devait renforcer la réponse de ces cellules, mais malheureusement il n’a pas montré d’efficacité clinique. Malgré cet échec, les chercheurs ne désespèrent pas et restent optimistes grâce à d’autres tentatives actuellement en cours, comme le vaccin à ARN conçu par Moderna qui est actuellement testé en essai clinique de phase 1 ou les anticorps monoclonaux. “On n’a pas encore de vaccin pour prévenir la transmission du VIH ni pour potentialiser la réponse immunitaire contre le virus, mais nous testons actuellement des anticorps qui fonctionnent très bien et qui pourraient supprimer le VIH avec seulement deux prises par an, dévoile Tae-Wook Chun. Je pense que dans peu de temps nous pourrons contrôler le virus sans avoir besoin d’utiliser de traitement antirétroviral.

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